Faire de tous les services gouvernementaux monopolisés des services essentiels au sens de la loi

Un gouvernement Conservateur déclarera que tous les services …

Résolution #79: Faire de tous les services gouvernementaux monopolisés des services essentiels au sens de la loi

Un gouvernement Conservateur déclarera que tous les services gouvernementaux, lorsqu’ils sont fournis exclusivement par le secteur public, sont des services essentiels pour la population.

Cette position enlèvera le droit de grève aux employés du secteur public qui fournissent ces services. Pourquoi? Toute grève dans un monopole du secteur public a des conséquences négatives pour l’ensemble de la population québécoise. Non seulement prive-t-elle cette dernière d’un service essentiel, mais c’est elle qui, par des impôts additionnels, fera les frais du règlement éventuel. Pour leur part, les grévistes ne risquent pas de mettre leur employeur en difficultés financières puisque leur arrêt de travail réduit ses dépenses. Cela est aussi vrai lorsque le secteur public assure des services commerciaux comme la production d’électricité ou la vente d’alcool, si l’État détient le monopole de ce service sur son territoire.

Dans le secteur privé par contre, ce sont les actionnaires et les grévistes qui assument les risques importants, les premiers parce que la grève peut affaiblir la capacité concurrentielle de l’entreprise et les seconds, parce que ce même affaiblissement met leurs emplois en danger à plus long terme. Les forces en présence sont ainsi amenées à chercher un compromis acceptable le plus rapidement possible. Cet équilibre de force n’existe pas pour les services publics.

Les grèves dans le secteur public ont souvent des conséquences fâcheuses pour les plus démunis, car ceux-ci ne peuvent pas se payer les alternatives disponibles dans le secteur privé – si elles existent. À titre d’exemple, une grève dans le transport en commun fera plus de mal aux plus démunis qui comptent sur le transport en commun pour se déplacer qu’aux citoyens plus aisés qui ont leur propre voiture. Un travailleur au salaire minimum peut perdre la moitié de sa journée de salaire s’il doit prendre un taxi quand il y a une grève dans le transport en commun. Ce même travailleur peut aussi perdre toute sa journée de salaire s’il ne trouve pas de gardienne pour ses enfants lorsqu’il y a une grève dans les CPE.