Notre Histoire

Les débuts du Parti bleu et la naisance du conservatisme québécois

Illustration.Notre parti existe d'abord sous le nom de parti bleu, formé en 1850 par les supporteurs de Louis-Hippolyte La Fontaine. Le parti bleu s'oppose aux politiques anticléricales et au radicalisme de son rival, le parti rouge de Louis-Joseph Papineau.

Le parti bleu soutient le rôle du clergé dans la société québécoise. Quelques membres du parti bleu, menés par George-Étienne Cartier du Bas-Canada, se joignent aux supporters de John A. Macdonald du Haut-Canada pour former un gouvernement de coalition de 1857 à 1862. C'est cette coalition qui devient le Parti conservateur (alors appelé Libéral-Conservateur), qui sera l'instigateur de la confédération canadienne en 1867.

Pierre-Joseph-Olivier Chauveau et la domination du Parti conservateur

Pierre-Joseph-Olivier Chauveau est le premier chef du parti ainsi que le 1er premier ministre du Québec.

Après la Confédération, le Québec est une province canadienne et l'ancien parti bleu devient la section québécoise du parti conservateur de Macdonald. Ce parti forme le gouvernement de la province et Pierre-Joseph-Olivier Chauveau devient le premier premier ministre du Québec. Cartier est le lieutenant québécois de Macdonald à la Chambre des communes à Ottawa. Les conservateurs dominent la politique du Québec aux niveaux fédéral et provincial pendant les trente années à venir. Ils formeront le gouvernement du Québec pendant vingt-cinq ans sur trente, fournissant huit des dix premiers ministres durant cette période.

Cependant, le parti devient de plus en plus divisé entre une faction modérée et la faction ultramontaine des fondamentalistes catholiques. De plus, les liens du parti provincial avec le parti conservateur fédéral nuisent au parti provincial parce que le parti fédéral est perçu comme hostile aux Canadiens-français et au Québec. L'exécution de Louis Riel en 1885 met les Québécois en colère et nuit aux conservateurs de Macdonald lors des élections.

La chute

Après la mort de Macdonald en 1891, la coalition qui forme le parti conservateur fédéral s'effondre, en particulier sur la question des écoles du Manitoba. La résolution de cette polémique élimine la possibilité d'une présence significative des Canadiens-français dans l'ouest canadien.Biographie – FLYNN, EDMUND JAMES – Volume XV (1921-1930) – Dictionnaire  biographique du Canada

Les conservateurs fédéraux perdent l'élection fédérale de 1896, en grande partie à cause de l'effondrement de leurs appuis au Québec. Le gouvernement conservateur provincial de Edmund James Flynn perd l'élection provinciale de 1897. À la suite des défaites de 1896 et de 1897, les conservateurs sont minoritaires au Québec aux deux niveaux de gouvernement. Le parti conservateur du Québec n'a jamais formé un autre gouvernement provincial. Le Parti libéral du Québec exerce le pouvoir sans interruption pendant les trente-huit années suivantes.

Crise de la conscription

La popularité des conservateurs chute encore avec la crise de la conscription de 1917 quand le gouvernement conservateur fédéral de Robert Borden impose la conscription au Québec malgré l'opposition de la majorité de Québécois. Cet événement entraîne des émeutes dans la province.

Maurice Duplessis et l'Union Nationale 

En 1933, Maurice Duplessis devient le chef des conservateurs du Québec. L'année suivante, le parti libéral au pouvoir se divise quand un groupe de libéraux nationalistes mécontents du gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau quitte le parti pour former l'Action libérale nationale (ALN). Duplessis approche le parti dissident et, deux semaines avant l'élection de 1935, les conservateurs et l'ALN forment une alliance sous le nom d'« Union nationale » dans le but d'éviter de diviser les votes opposés aux libéraux. Plus tard, l'alliance est formalisée et les deux groupes fondent un parti unique sous le nom d'Union nationale. Ce parti remporte l'élection de 1936 et domine la politique québécoise jusqu'à la mort de Duplessis en 1959.

Lors de l'élection générale de 1939, un vestige de l'ancien Parti conservateur présente trois candidats. Ils ne récoltent que 0,2 % des voix, et le parti se dissout peu après.

La fin des unionistes et le Ralliement créditiste

Après la défaite de 1970, l’Union nationale commença sa lente agonie. Une partie de son électorat joint le Parti québécois et le Crédit social est le parti des conservateurs (non souverainistes) anciennement unionistes. Le Ralliement créditiste est un parti de droite qui a œuvré au Québec dans les années 70. Il partageait les mêmes valeurs conservatrices que son cousin qui a été actif sur la scène fédérale. Ce parti dit ''conservateur'' pourfend le syndicalisme, l’interventionnisme étatique et l’indépendantisme. Également, il est contre la réforme de l’Éducation Parent. Cependant, le RC prônait aussi des idées comme une certaine intervention de l’État dans la santé et la mise en place d’un revenu minimum garanti pour les familles.

Nationaliste, le RC propose l’abolition de la monarchie, la reconnaissance des deux nations fondatrices, réclame le droit à l’autodétermination des provinces, le rejet de l’AANB et une nouvelle Constitution garantissant des pouvoirs du Québec en matière de crédit, de fiscalité directe, de commerce et d’immigration. 

Les succès électoraux de ce parti ont été éphémères. Lors des élections de 1970, le RC a obtenu 11,2 % des voix et a fait élire 12 députés.

Le rapport Allaire et l'ADQ

Dans les années 80, les débats politiques sont encore dominés par la question nationale : le référendum de 1980, le rapatriement unilatéral de la Constitution de 1982 et l’Accord du Lac Meech. En conséquence, les ''conservateurs'' sont divisés dans les deux camps. Par contre, cela a changé avec le naufrage de l’Accord du Lac Meech. À la suite de cet échec, le PLQ a mis en place la commission Allaire afin de concocter sa nouvelle position constitutionnelle. Le rapport Allaire demandait une large autotomie du Québec avec de nouveaux pouvoirs en matière d’immigration, de culture, etc. L’establishment libéral rejete les mesures plus nationalistes du rapport Allaire et propose l’Entente de Charlottetown. Les libéraux nationalistes, avec Mario Dumont et Jean Allaire à sa tête, quitte le PLQ et forme un nouveau véhicule politique, l’Action démocratique du Québec. 

L’ADQ préconisait moins d’intervention de l’État dans l’économie et laisser plus de lassitude à l’entreprise privée. De plus, afin de désengorger le système de santé, Mario Dumont croyait que le système privé pourrait jouer un rôle dans les soins de santé. Lors du référendum de 1995, Mario Dumont est dans le camp du OUI, car il pense que notre province devrait obtenir un statut particulier au sein du Canada.

De 1994 à 2002, Mario Dumont fut le seul combattant de la droite québécoise à l’Assemblée nationale. En 2007, la crise des accommodements raisonnables frappe le Québec de plein fouet. Le chef du PQ André Boisclair abandonne la position nationaliste du parti et Mario Dumont en a fait son cheval de bataille lors des élections de mars 2007 où son parti devient l’Opposition officielle avec 41 députés.

Sa cinglante défaite aux élections de 2008 s’explique par le manque d’expérience de la députation adéquiste. Plus jamais les ''conservateur'' ne se seront rendu aussi près du pouvoir.

Le grand retour... 74 ans plus tard

Entrevue avec Luc Harvey, battu dans Louis-Hébert - Pour remonter la pente  au Québec, le PC devra suer sang et eau | Le DevoirEn novembre 2009, Serge Fontaine propose à Éric Caire – qui rompt alors avec l'ADQ – de rejoindre les rangs de son parti, quitte à lui laisser sa place de chef. Le député ne donne cependant pas suite et siège en tant qu'indépendant. En novembre 2011, le chef du parti, Serge Fontaine, quitte le parti pour joindre la Coalition avenir Québec de François Legault.

En janvier 2012, le parti, qui existait toujours sur papier, est redémarré et présidé par l'animateur de radio et analyste politique Jeff Plante qui avec l'aide de son équipe en établit les bases et la constitution et en confie le leadership intérimaire à l'ancien député conservateur fédéral de Louis-Hébert Luc Harvey. Le 26 et 27 mai 2012 à Drummondville a eu lieu le congrès de re-fondation du parti. Stéphane Guinta agissait alors comme directeur général du parti.

Avant les élections générales de 2012, le parti n'a pas encore pu présenter de candidats à une élection générale depuis 1935. Il a cependant présenté deux candidats aux élections partielles d'Argenteuil et de LaFontaine en 2012, allant récolter 1,12 % des votes.

Le parti présente 27 candidats aux élections générales de 2012 où le parti a obtenu 0,18 % des suffrages exprimés. Par la suite, Luc Harvey démissionne de son poste de chef. L’ex-député adéquiste du comté de Huntingdon, Albert De Martin, est nommé chef intérimaire du parti.

Adrien Pouliot et le conservatisme économique

En janvier 2013, se déroule une course à la chefferie entre deux candidats : Daniel Brisson et Adrien Pouliot. Adrien Pouliot était alors bien connu dans le milieu du conservatisme fiscal de par sa participation à la fondation de l'Institut économique de Montréal. Il était vice-président de la commission politique de l'Action démocratique du Québec alors que celle-ci a fusionné avec la Coalition avenir Québec de François Legault. M. Pouliot s'était d'ailleurs prononcé contre la fusion en public et a participé à une tournée du Québec dans le but de convaincre les membres de l'ADQ de rejeter la fusion avec le président de la commission politique de l'ADQ, Claude Garcia.

La CAQ et la gauche efficace

Adrien Pouliot (@APouliotPCQ) | TwitterAdrien Pouliot argumentait que, après une rencontre avec François Legault, que la CAQ n'était en fait pas un parti à droite mais un parti faisant la promotion de ce qu'il appelait la gauche efficace, et que notamment François Legault s'était opposé à plusieurs des politiques revendiquées par l'ADQ de l'époque. Déçu de la fusion, Adrien Pouliot ne se joindra pas à la CAQ et se déclarera publiquement comme étant "un orphelin politique".

Après plusieurs mois de réflexion, et après avoir considéré se présenter à la chefferie du Parti libéral du Québec dans le but d'amener ce parti plus à droite dans les dossiers économiques, il décide en janvier 2013 de se présenter comme chef du Parti conservateur du Québec. Le 14 février 2013, Daniel Brisson retire sa candidature et le 23 février, Adrien D. Pouliot devient chef du Parti lors du Conseil Général. Les 19 et 20 octobre 2013, les membres adoptent la nouvelle plateforme officielle du Parti lors du Congrès national de 2013.

Le 15 octobre 2020, le chef du PCQ, Adrien Pouliot, annonce son intention de démissionner et a demandé a l'Exécutif national d’enclencher le processus pour l’élection d’un nouveau chef. Adrien Pouliot demeure le chef du PCQ jusqu’à l’élection du prochain chef. M. Mikey Colangelo Lauzon est alors le Directeur exécutif du Parti conservateur du Québec.