Opinion: La gestion de l'offre dans le domaine laitier expliquée par un sympathisant

Nous vous partageons cet extrait avec l'autorisation de M. Richard Dupuis. Nous précisons que M. Dupuis n'est pas associé à notre formation politique, mais a pris la peine de nous écrire ceci, et nous souhaitons vous le partager.

D’abord, une question; pourquoi les fermes laitières - ainsi que celles des autres productions sous gestion de l’offre - n’ont-elles pas de relève, alors que les autres en ont? Réponse; la gestion de l’offre!
Lorsque la gestion de l’offre a été instaurée, en 1972, la production laitière est devenue contingentée, c’est à dire que la quantité produite était, et est toujours, limitée, par l’entremise de quotas, et ce afin de créer une rareté, et ainsi maintenir les prix plus élevés.
Comme il n’y a pas de robinet sur une vache, les cultivateurs faisaient la traite de leurs vaches comme à l’habitude, mais le lait excédant le quota, en plus de ne pas être payé, entraînait des pénalités, déduites de ce qu’on appelait, dans le temps, la « paie de lait ». Je me souviens d’une assemblée de cuisine, où j’étais allé avec mon père, lors d’une campagne électorale fédérale, où des cultivateurs, en pleurs, montraient leur relevés de paiement sur lequel on pouvait lire « 0,00$ », comme total. Ils demandaient au candidat comment ils pourraient vivre, avec des payes de zéro.
Les quotas, qui ont été attribués aux cultivateurs, au départ du système de gestion de l’offre, ne représentait qu’une partie de leur production; s’ils voulaient produire davantage - ou produire à leur pleine capacité, ils devaient acheter du quota supplémentaire, de personnes abandonnant la production laitière. Ainsi, le quota lui-même étant rare - et contrôlé par le gouvernement fédéral, sa valeur a grimpé en flèche, tant et si bien que de nos jours, le quota d’une ferme laitière vaut plus cher que la ferme elle-même, ce qui empêche souvent les enfants de reprendre la ferme de leurs parents, n’ayant pas les reins assez solides pour tout assumer.
En résumé, la gestion de l’offre, en limitant la production laitière, crée une rareté qui rend les produits laitiers plus chers pour les consommateurs, et plus de rendre la relève agricole plus difficile que jamais. Et c’est, à peu de choses près, la même situation dans toutes les productions sous gestion de l’offre.