Lettre au Ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge

Cher membre ou sympathisant, nous vous invitons à envoyer cette lettre signée par vous au Ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge. Vous pouvez utiliser le modèle pour Microsoft Word ou LibreOffice ou copier-coller le texte ci-dessous dans votre logiciel de courriel.

Voici les coordonnées du Ministre:

Par la poste:

Jean-François Roberge
Ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur,
Édifice Marie-Guyart
1035, rue De La Chevrotière
16e étage
Québec (Québec)  G1R 5A5


Par télécopieur :

418 643-2640

Par courriel:

ministre@education.gouv.qc.ca


Monsieur le ministre Roberge,

Je vous écris pour exprimer mes inquiétudes face à la situation de l'éducation à domicile, et en particulier celle de la famille de David Lauzon, dont je souhaite vous faire part. David et sa famille vivent désormais en exil politique à cause de vos idées arrêtées sur l'apprentissage en famille.

Pourtant, ils ont passé plus de onze ans à cerner les types d'apprentissages, les intérêts, les forces et les défis de chacun de leurs six enfants. Pendant plus de onze ans, ils ont adapté l'enseignement qu’ils prodiguent à chacun avec amour, ils ont modifié leurs approches et changé de matériel au besoin, parfois en plein milieu d'une année scolaire. Leurs enfants ont reçu une instruction individualisée et taillée sur mesure comme seuls les enfants éduqués en famille peuvent en recevoir. Et ils ont vu les fruits de leurs efforts. Ils ont vu l'une de leurs filles, après deux ans de labeur et de difficultés en lecture, « débloquer » sans avoir perdu le plaisir de lire. Ils ont vu leur aînée développer avec succès sa passion pour l'ornithologie et leur fils, son intérêt pour les sciences et technologies. Ils ont reçu des compliments des gens qui les entouraient et des passants qu’ils croisaient leur chemin, au sujet de leurs enfants agréables, articulés et cultivés.

Or, avec l'édiction de votre nouveau règlement sur l'enseignement à la maison, une telle personnalisation de l'éducation est devenue illégale au Québec. Pire encore, elle est montrée du doigt comme étant néfaste, nocive. Elle est qualifiée de négligence éducative.

Pourtant, aucune étude empirique n'appuie votre méfiance et votre main mise sur l'éducation que des parents prodiguent à leurs propres enfants. Au contraire, la recherche est plutôt favorable à l'apprentissage en famille. Que dire du Code civil du Québec qui, à l'article 599, indique que « Les père et mère ont, à l'égard de leur enfant, le droit et le devoir de garde, de surveillance et d'éducation »? Pour empêcher des citoyens d'instruire leurs enfants selon leurs convictions, un gouvernement devrait avoir des preuves tangibles que cesdites convictions occasionnent un préjudice. Ce n'est manifestement pas le cas ici. Même le Protecteur du citoyen, dont 98 % des recommandations sont implémentées par les dirigeants québécois, s'est opposé à votre projet de règlement dans sa lettre du 9 mai 2019. Vous avez ignoré ses deux recommandations.

Vous comprendrez, monsieur le ministre, qu’ils ne pouvaient se permettre de gâcher l'éducation et la vie privée de leurs enfants par les exigences intrusives, improductives, illogiques et dégradantes de la législation québécoise en matière d'enseignement à la maison. Ils ne pouvaient permettre que la douance de deux de leurs enfants devienne subitement une « problématique » parce qu'on leur impose une progression des apprentissages rigide et basée sur leur âge plutôt que sur leurs capacités réelles. Ils ne pouvaient risquer de saper leur motivation par une progression en spirale qui ne leur convient pas. Ils n'ont pas passé onze ans à leur donner le meilleur d’eux-mêmes pour en arriver là.

Ça ne s'est pas fait sans larme, monsieur le ministre, mais après avoir déjà sacrifié un salaire et une carrière, que l’épouse de David était prête à faire un nouveau sacrifice pour permettre à leurs enfants d'atteindre leur plein potentiel, et pour retrouver son rôle de mère, dont vous l'aviez dépossédée. Elle a sacrifié la maison qui a vu naître leurs enfants et a quitté la province qui l'a vue grandir. Mais ça en valait la peine pour continuer de voir leurs enfants s'épanouir et pour leur permettre de retrouver le sommeil perdu à cause des préjugés enchâssés dans la législation québécoise.

En appui avec la famille de David, maintenant en terre de liberté, nous vous demandons, par solidarité pour ceux qui restent ici, au Québec, de rentrer en vous-même et de commencer à écouter réellement ces mères et ces pères qui ne veulent que donner ce qui convient à leurs enfants, dont ils connaissent les besoins.

Avec espoir,



Démontrer les 2 réactions

Veuillez vérifier vos courriels pour le lien d'activation de votre compte.