Loi 143: Témoignage de Geneviève Béland

Bonjour,

Je voulais vous faire part de mes préoccupations en lien avec le projet de loi 143 sur les services de garde. Je le fais en tant que parent d’enfants qui fréquentent un service de garde privé.

D’abord, je voulais vous dire que j’ai été déçue de l’attitude du ministre Sébastien Proulx face à ce sujet. Il m’a donné l’impression que les parents n’étaient pas assez responsables pour choisir un bon service de garde pour nos enfants. Que nous étions niaiseux ! Comme si nous décidions d’envoyer nos enfants dans un mauvais service de garde. Je sais qu’il est arrivé occasionnellement des évènements malheureux dans des services de garde privés comme il peut en arriver dans des services de garde publics, dans le réseau de la santé et l’éducation.

 

Je pense que le projet de loi devrait être reconsidéré. D’abord, je ne comprends pas pourquoi le gouvernement actuel veut restreindre le choix des parents en limitant le nombre de permis privés octroyés par région. Il n’y a aucun cout supplémentaire attaché aux services privés. Actuellement, nous bénéficions d’un bon choix de services de garde publics et privés. Ça nous permet de choisir un milieu en qui nous avons confiance et qui répond à nos attentes et aux besoins de nos enfants. De restreindre le nombre va nous obliger à faire un choix qui ne nous convient pas nécessairement par manque de choix. C’est assez choquant, car ça concerne nos enfants. D’ailleurs, je veux vous sensibiliser au fait que le fait d’être accrédité ne veut pas dire que le milieu plait à tous. Auparavant, j’avais un milieu de garde subventionné en qui j’avais moins confiance que mon milieu de garde privé actuel.

Je pense que vous devriez reconsidérer ce projet en ce qui concerne l’obligation d’accréditations pour avoir 6 enfants sous sa garde. D’abord, quel sera l’avantage d’être un privé s’ils doivent se conformer à toutes vos exigences ? J’ai la crainte que nous perdions des bons milieux de garde sous différents prétextes comme la langue principale parlée (si je décide d’envoyer mon enfant dans un milieu dont l’espagnol est la principale langue, c’est mon affaire), le niveau de scolarité (si vous exigez un secondaire 5, je vais perdre mon milieu de garde, car la propriétaire de ma garderie n’a pas obtenu un secondaire 5 dû à une dysphasie qui occasionne des troubles de l’apprentissage. Malgré ce trouble d’apprentissage, elle est excellente avec les enfants et elle a mon entière confiance. J’aimerais qu’on lui laisse le droit d’avoir un emploi décent et qu’elle aime avant tout).

 

M. le ministre, je comprends que vous voulez mettre certaines normes, mais à mon avis, ça pourrait se limiter à avoir un cours de RCR et l’absence de casier judiciaire pouvant compromettre la sécurité des enfants pour les occupants du milieu de garde (conjoint, enfants d’âge adulte qui habitent la résidence…). Pour le reste, je pense que les parents sont capables de choisir une garderie selon leurs attentes. Vous pourriez par contre mettre en place un système de plainte accessible et efficace s’il n’en a pas déjà un. Pour le ratio, je suis en accord à ce qu’on restreigne à 6 enfants comprenant les enfants du propriétaire du service de garde comme ça se fait dans les milieux accrédités, car avoir 8-9-10 enfants pour une personne seule, c’est trop.

Ensuite, j’ai un malaise à ce qu'on oblige les gens à passer par le guichet d’accès pour les places en milieu familial accrédité, car les propriétaires accueillent des gens dans leur maison et je peux comprendre la réticence à prendre des enfants ou familles avec qui elles ne sont pas à l’aise. Elles n’ont pas les outils pour prendre des jeunes avec certaines difficultés.

Vous vous enlignez pour créer quelque chose de très lourd à gérer en prennent la place de ce qui appartient aux parents. En plus, vous risquez de diminuer l’autonomie de plusieurs femmes qui choisissent d’avoir un service de garde pour avoir à la fois un revenu et rester à la maison avec leurs enfants. On s’entend que de ne pouvoir avoir seulement 4 enfants dans un service de garde appauvrisse des femmes qui verront leur revenu diminuer ou les familles qui devront payer davantage pour diminuer la baisse de revenu des propriétaires de service de garde.

 

J’espère que le ministre Luc Fortin va écouter les préoccupations multiples, sinon, il fera de moi une Québécoise encore très déçue des politiciens qui nous représentent. J’espère que celui-ci n’oubliera pas que des enfants ça reste des enfants et que nous ne devrions pas être obligés de les envoyer dans un service de garde structuré comme les CPE. Pour moi l’important est que mes enfants soient en sécurité (j’ai vérifié), aimés, divertis et qu’ils aillent jouer dehors régulièrement. Je ne veux pas qu’ils soient dans un milieu trop structuré, car ils ont déjà à suivre une routine de vie rapide, car nous travaillons tous les deux. Je veux qu’ils puissent vivre une vie d’enfant.

 

Geneviève Béland, mère de 2 enfants dans un service de garde privé et entièrement satisfait de celui-ci.

St-Casimir