Plusieurs témoignages contre la loi 143

Il y a du trafic dans notre boîte courriel! Nous avons reçu plusieurs témoignages dans les derniers jours contre le projet de loi 143 qui vise à nationaliser l'enfance en enlevant le choix aux parents du lieu de garde de leurs enfants et en imposant davantage de réglementation et de paperasses aux petites entreprises que sont les garderies en milieu familial afin de les étouffer un peu plus. Nous tenons à vous les partager, car nous croyons profondément au travail de ces gens pour nos jeunes.

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Notre programme pour la famille est un des fondements de notre parti et n'a jamais changé: laisser le choix aux parents du milieu de garde de leurs enfants avec un bon d'éducation de 100$ par enfant par semaine.

 

 

À qui de droit,


J’écris cette lettre en réaction au projet de loi 143 et avec lequel je suis en profond désaccord pour la majorité des mesures.

Je suis la mère de 2 filles. La plus vieille fréquente un service de garderie en milieu familial et la plus jeune fera son entrée sous peu. Mon conjoint et moi sommes très satisfaits de notre éducatrice et de son service de garde.

Lorsque j’étais enceinte, je me questionnais beaucoup ; quelle option serait la meilleure pour ma fille ? Après y avoir beaucoup réfléchi et en avoir discuté avec notre entourage, mon conjoint et moi nous avons opté pour une garderie en milieu familial. Nous étions convaincus qu’en bas de 18 mois, ce qui comptait le plus pour notre enfant était d’avoir une éducatrice stable avec qui elle développerait un lien d’attachement, qui serait aimante et qui prendrait bien soin d’elle.

Nous avons été extrêmement chanceux tout d’abord de trouver 'Tata’ Ouassila et sa garderie Aminimo. Ouassila était une éducatrice très aimante pour notre fille et mon petit cœur de maman était tout à fait rassuré lorsque je lui laissais ma petite de 6 mois. Ouassila a dû fermer sa garderie pour raison familiale et nous avons ensuite eu la chance de trouver la garderie « Twinkle little stars » de Alexandra Drolet. Alexandra avait une personnalité et un style totalement différent de Ouassila, mais qui collait tout à fait a la personnalité énergique de ma fille.

La garderie d’Alexandra est vraiment une 2e maison pour ma fille. Elle y socialise, elle joue, elle y apprend. La particularité de la garderie d’Alexandra est une garderie bilingue. Elle parle en anglais (d’un anglais impeccable) et en français (d’un français impeccable) à notre fille si bien que ma fille de 28 mois comprend aussi bien l’anglais que le français. Alexandra et son conjoint Louis sont des personnes importantes dans la vie de ma fille, assez que nous nous sommes questionnés en faisant notre testament si nous ne leur demandions pas d’être des parents adoptifs si jamais il nous arrivait un accident.

Je ne comprends vraiment pas la nécessité de ce projet de loi, j’objective surtout qu’il ne respecte pas mon besoin de parent et mes compétences de parent. Je suis très déçue de ce projet de loi et je souhaite de tout cœur qu’il ne décourage pas mon éducatrice de continuer d’opérer pour les années à venir sa garderie. Ce serait une grosse perte pour nous et mes filles. Je comprends qu’il y a des garderies en milieu familial qui ne respecte pas les règles (nombres d’enfants et âges des enfants). Je suis d’accord pour qu’il y ait davantage de surveillance concernant cet aspect. Je ne suis pas d’accord avec le fait qu’un programme éducatif soit imposé. Je ne suis pas d’accord avec un guichet unique, je ne suis pas d’accord avec le fait que les garderies devront avoir un permis pour avoir le droit d’avoir 6 enfants.

Comme la plupart des parents, j’ai inscrit mes 2 filles sur la place 0-5 lorsque j’étais enceinte, en fait, juste au cas où, juste pour voir quand je serai appelée... Aucune nouvelle, alors que ma fille a 28 mois et que je me suis inscrite lorsque j'étais tout nouvellement enceinte ! Est-ce normal ??

Je crois que le gouvernement devrait d’abord s’occuper du guichet unique des CPE avant de vouloir en instituer un pour les garderies en milieu familial. De plus, un guichet unique serait selon moi, délétère pour le milieu privé en enlevant la saine compétition entre les garderies en milieu familial.

De plus, que croyez-vous qu'il arrivera pour les garderies en milieu familial qui ne voudront pas prendre un permis ? Qu’arrivera-t-il lorsqu’elles ne pourront prendre que 4 enfants, incluant les leurs ? Croyez-vous qu’elles vivront bien avec des revenus bruts de 150 $ par jour ? Elles devront probablement augmenter les tarifs aux parents !

Aussi, je crois que cette mesure sera délétère pour les femmes qui sont les propriétaires de la majorité de ces garderies et dont plusieurs décideront de fermer leur porte devant ces nouveaux moyens coercitifs. De plus, dans mon district de Louis-Hébert, la majorité des garderies en milieu familial sont tenues par des femmes immigrantes et je crois que cela pourra nuire à leur intégration sociale et à leur accessibilité à l’emploi.

Finalement, je souhaite ardemment qu’il y ait des amendements à ce projet de loi que je considère tout à fait inacceptable tel qu’il est actuellement.


Annie

 


 

Bonjour,

 

Je m'appelle Amélie et j'ai mon service de garde en milieu privé à Sainte-Anne-de-la-Pérade.

En tant qu'éducatrice depuis 10 ans, le projet de loi 143 me fait énormément de peine. Oui, moi, j'ai tous mes cours et formations toujours à jour, de plus, j'ai une formation en cuisine et j'ai un bon contrat et une régie interne en règle, mais malgré tout ça, je continue à dire que l'expérience de la vie de tous les jours. À la maison avec nos enfants et les mousses du SDG est de loin la meilleure formation, car des enfants, ça ne vient pas avec des modes d'emploi ou des livres.

Chaque enfant est différent et surtout ont des besoins très différents bien à eux, que nous, en milieu familial, dans nos demeures chaleureuses nous pouvons combler. C'est impensable de les rentrer dans des moules déjà préfabriqués. Dans mon milieu, mes cocos et leurs parents sont comme chez eux, dans un milieu zen, serein et douillet que j'ai adapté au fil des années, où je les laisse être tout simplement des enfants et où je leur apprends à grandir en beauté. Je veille à leur sécurité, à leur donner une alimentation saine et variée, je leur inculque l'autonomie et la politesse, le respect des autres et surtout d'être bien dans leur peau avec leurs forces et leurs faiblesses.

 

Ce n'est pas un programme bien établi où nous devrons toutes nous conformer et des centaines de bricolages qui leur montreront tout ça. J'aime de loin une activité enrichissante de seulement quelques minutes, dans la joie, à un énorme bricolage de 1 h de préparation où je ne fais que répéter, car je n'ai aucune attention de mes amours. Eux, à leur âge, oui ils sont heureux seulement à jouer et ce n'est pas un défaut, c'est bénéfique pour plusieurs sphères de leur développement et puis en fin de compte, ce sont des enfants.. Laissons leur être SEULEMENT des enfants, car ils auront bien le temps de rentrer dans le moule de la société lorsqu'ils entreront à l'école.

 

Un milieu familial, c'est ça, c'est d'être à l'écoute des parents et des enfants dont on prend soin, et de leurs besoins propres à eux. Et pour ma part plus de 50 heures par semaine. J'aime mon emploi plus que tout, et ce, même après 10 ans, j'ai encore la patience de le faire, car, après les pires journées, car oui cela arrive, et bien le sourire de mes mousses, les « je t'aime Abilie♥️ » et les bons mots de mes parents utilisateurs qui partagent les mêmes valeurs que moi, me réchauffe le cœur et me redonne le sourire à moi aussi et la force d'être prête et en forme pour une autre journée.

 

Un service de garde, ce n'est pas juste une job, c'est un mode de vie, c'est une vocation. Alors, ce n'est pas un permis, des cours, plus de règlement et de paperasse et un plus petit ratio qui feront de nous, de meilleures responsables en service de garde privé.

Voilà pourquoi il faut que l'on se tienne, car en passant cette loi, cela causera beaucoup de tord au service de garde privé qui devront laissé partir 2 cocos et devront sûrement augmenter leurs tarifs sans le vouloir, mais aussi à des milliers de familles qui se retrouveront sans service de garde. Moi, je suis en règle et très bien comme je suis présentement et je ne veux en aucun cas que cette loi soit acceptée, car ce serait un vrai désastre pour le quotidien de nombreux honnêtes citoyens.

 

Laissons les parents décider de ce qui est bon pour leurs enfants, c'est à eux que nous ouvrons la porte de notre foyer le plus souvent dans une semaine donc je crois sincèrement que ce sont les mieux placés pour savoir si notre milieu et notre fonctionnement leur convient.

Merci énormément !

 

Et j'espère que ça en fera réfléchir quelques-uns.

 


 

 

Bonjour,

 

Je m'appelle Annie, j'ai 40 ans, des études en arts et en horticulture, 3 beaux enfants de 11, 8 et 4 ans. J'ai été gardienne, nounou, j'ai travaillé 3 ans à temps plein comme assistante en milieu familial avec une éducatrice formée et des éducatrices spécialisées du CRDI. J'ai ouvert mon propre milieu familial il y a 5 ans, avec toutes mes expériences et mon bagage personnel.

 

J'offre un milieu alternatif, maternant et proximal. J'ai une assistante qui fait tout les am avec moi de 8 h 45 à 12 h 45, oui oui pour seulement 6 enfants payants. J'offre aux enfants un environnement près de la nature, plein de liberté, où on a le droit de se salir, où on apprend le nom des fleurs sauvages, des insectes et des oiseaux. Un milieu où on berce les bébés pour les endormir, un milieu où les parents ont le droit d'arriver et de partir quand ça leur chante.

 

Ici je n'ai pas à faire de pub quand j'ai une place qui se libère parce que régulièrement des gens m'écrivent pour savoir si j'ai une place et sinon de garder leur nom au cas où j'aurais un départ. Ici les parents mon choisi parce que comme moi ils n'en ont rien à faire d'un programme éducatif parce qu'ils pensent comme moi que c'est par le jeu que les minis apprennent et qu'à cet âge ils ont bien plus besoin de stabilité, de sécurité émotive et de liberté que d'apprendre comme à l'école.

 

Les parents ici n'ont pas besoin que quelqu'un de l'extérieur m'impose des règles strictes sur comment faire de mon milieu un milieu sécuritaire parce qu'ils s'en occupent eux-mêmes, ils connaissent leurs enfants et se préoccupent de leurs bien-être eux-mêmes ! Il y a beaucoup de circulation ici, à toute heure, c'est ainsi que les parents savent et voient ce qui se passe chez moi !

 

Ce que je fais dans la vie ce n'est pas un travail, c'est une passion. Les enfants c'est une passion. Moi et mon assistante prenons soin de ces enfants comme si c'étaient les nôtres. Nous sommes une grande famille au SDG Les petits Jardiniers, avec mes grandes filles qui viennent diner à la maison. Avec mon petit qui accueille et partage sa maison et sa maman avec ses 9 amis (6 par jour) à temps plein et à temps partiel.

 

Et les libéraux jugent que je ne satisfais pas à leurs exigences ? Ils qualifient mon SDG de médiocre seulement parce que je ne suis pas dans le rang du bureau coordonnateur ? Ils sont qui pour prendre des décisions à la place des parents de tous ces enfants ?

 

Comment peut-on croire que ce n'est pas le parent qui est meilleur juge pour qui et de quelle façon l'éducation de ses propres enfants sera complétée pendant qu'il sera au travail ? Ça me brise le cœur, vraiment ça me brise le cœur !!! Et si la loi passe ils vont allez où tous mes amours ? Ils sont bien chez nous, leurs parents ont l'esprit tranquille quand ils les laissent chez moi, on partage les mêmes valeurs. Pourquoi vouloir briser ce bel équilibre ? 😢.


 

 

Je suis éducatrice depuis 20 ans avec mon diplôme collégial. J'ai travaillé 15 ans en CPE et maintenant depuis 5 ans j'ai mon milieu familial privé. Je ne suis pas illégale, j'ai 6 enfants payants à temps plein et je fais mes impôts comme tout le monde et je remets le relevé 24 !

 

Le hic dans tout ça, CE QUI DÉRANGE LE GOUVERNEMENT c'est que des milieux comme moi remplissent leurs places et vident les CPE. Voyez-vous, il existe des parents qui mettent l'accent sur la petite enfance et laissent à leur enfant le temps de vivre ce qu'ils ont à vivre sans le stress des gros CPE.

 

J'ai travaillé dans un CPE de 80 places et le roulement de plusieurs éducatrices ça ne convient pas à tout le monde. L'horaire chargé non plus d'ailleurs... Grouille toi à dîner, car l'aide-cuisinière doit monter les cabarets aux plus vieux, grouille toi à t'habiller au vestiaire, car on prend trop de place et les plus vieux vont arriver... ah je pourrais en énumérer encore...

 

Je suis maintenant ma patronne et je suis au service de mes parents utilisateurs. Avant de signer leur contrat, ils visitent ma garderie, reçoivent une copie de ma régie interne et mon programme éducatif. Si je conviens à ce qu'ils veulent pour leur enfant alors on signe le contrat.

 

Ils ont l'opportunité de choisir beaucoup de services de garde et malgré tout je n'ai aucune difficulté à combler mes places et j'affiche très rarement. Au lieu de couper des milieux comme le mien posez-vous donc la question... POURQUOI LES CPE ET LES MILIEUX ACCRÉDITÉS SE VIDENT ???

 

Anonyme

 


 

Bonjour,

 

Je suis éducatrice depuis 20 ans et j’ai choisi ouvrir mon service de garde à la maison quand j’ai eu mon grand cela fait déjà 17 ans. Je ne peux pas croire qu’après 17 ans, le ministre va changer ma vie une personne va changer la vie de bien des familles à cause de son opinion à lui sur les milieux privés ,un matin il s'est levé et s’est dit: "aujourd’hui, rien à faire, je vais m’en prendre aux garderies privées". S’il pense qu’on se met riches avec notre milieu, il est dans le champ en titi. Je vais parler pour moi, à 25$ par jour, avec reçu, je travaille 11 heures par jour, j’ai 7 enfants, je paie une trousse éducative 75$ par mois, environ 300$ épicerie par semaine et l'hydro de plus ... Je ne suis pas riche.

 

On a choisi d’être travailleur autonome! Laissez-nous notre droit de travailleuses autonomes!

 

Manon

 


 

 

Je suis maman d’un enfant handicapé, je me suis fait renvoyé 3 fois d’emplois par manque de disponibilité... Avoir à choisir entre le bien-être de son enfant ou un emploi décent... J’ai finalement trouvé ma place: chez moi, avec mes enfants, et pour accueillir ceux des autres. Je travaillais déjà en CPE (où on m’avait déjà prévenu « C’est dommage tu serais bonne pour plus, mais tu n’es pas assez dispo... ») C’était pour moi une belle opportunité de faire ce que j’aime tout en offrant à ma fille la disponibilité nécessaire à sa condition.

Malheureusement, je ne peux penser a m’accréditer à cause des critères trop sévères.J’ai parfois besoin d’être remplacé à la dernière minute pour aller à la clinique. C’est mon mari ou ma mère qui va prendre le relai. Les enfants sont en sécurité et je suis en confiance. Ce n’est pas possible de faire cela avec l’accréditation. Cette nouvelle loi m’empêcherait encore une fois d’avoir accès à un emploi...

J’ai présentement 4 enfants temps plein , un temps partiel, une maman qui attend son deuxième... je devrai choisir qui je garde? Qui je renvoie pour le nouveau? Et avec le guichet unique, je vais devoir accepter n’importe qui dans ma maison même si nous n’avons pas les mêmes valeurs? Je trouve ça délicat comme situation.

Marie-Claude

 


 

Je suis éducatrice de profession, diplômée depuis 2008 au cégep de l'Assomption. J'ai travaillé de 2008 à 2013 dans différents CPE de la ville de Québec avant de tomber enceinte de mon fils. Je suis retournée travailler entre octobre 2014 et mars 2015 avant de tomber enceinte de ma fille et ces 5 mois m'ont convaincue d'ouvrir mon milieu familial.

Nos enfants vivent dans un stress constant les jours de semaine, le savez-vous ? Sitôt le cadran sonné a 6:00, c'est la course. Dépêche-toi, go go go, pas le temps. Go go go arrivé a la garderie on se déshabille, on va dans son local. C'est tellement différent de la routine en congé de maternité, ou des vacances...

À mon service de garde, j'ai 5 enfants incluant les miens. Par choix. Nous avons un horaire souple, en fonction du rythme de l'enfant. J'ai un ami qui s'endort dans son diner a 11:05, presque tous les jours. Nous avons déplacé le diner a 10:50 pour qu'il mange au moins le repas principal. La sieste est en conséquence, tôt aussi. C'est le rythme de mon groupe. Je m'adapte sans cesse depuis un an, selon leur développement.

J'ai un service de traiteur parce que ma job, ce n’est pas cuisinière. Les amis mangent bien, c'est leur routine d'accueillir le livreur le lundi matin avec des gros sourires et des allo.

Si le projet de loi passe, je serai à seulement deux enfants payants. La différence n'est pas grande entre 2 et 3 me direz-vous. Effectivement. Assez pour devoir couper dans le service de traiteur et devoir me passer de mon extraordinaire femme de ménage qui fait briller mes comptoirs et mes planchers pendant que je m'occupe des petits trésors qui me sont confiés. C'est assez pour devoir réduire les cadeaux à Noël et aux anniversaires. Certains diront que ce n'est pas plus mal, moins de cochonneries qui trainent, moins de surconsommation. Ici, au Service de garde Les petites histoires, j'offre des livres aux enfants. Des livres drôles, des livres touchants, des livres qui donnent envie de s'intéresser à la lecture. J'emprunte des livres à la bibliothèque et parfois on lit 8 livres par jour, parce que c'est ce dont les enfants ont besoin a ce moment précis.

Je fonctionne par thème sur 2-3 semaines. Nous sommes sur le thème des sentiments et des émotions depuis la semaine passée. Les identifier, les nommer, trouver des solutions. Apprendre à les exprimer sainement.

Nous allons jouer dehors a tous les jours. Dans la cour, dans le parc, en promenade. La semaine passée, nous avons distribué des bonshommes sourire aux gens du quartier. Les amis ont bravé leur timidité pour approcher les inconnus et leur donner un papier de construction jaune en forme de rond. Nous avons eu droit a des rires, des sourires, et les amis étaient fiers d'eux, d'avoir apporter un peu de joie au vieux monsieur sur la rue.

Il y a un lien de confiance entre les enfants et moi, les parents et moi. Les parents ont visité au moins deux fois la garderie avant que leur enfant commence a y venir. La visite, avec toutes les questions qu'ils pouvaient avoir (et croyez-moi ils en avaient ! Même si ma régie interne, basée sur celle du site Éducatout qui est utilisée par les RSG accréditées, répondait à beaucoup de questions) et la visite de signature.

Ici je crois beaucoup aux jeux libres. Nous avons 2 ou 3 activités dirigées par semaine, mais aussi des activités spontanées. Nous avons lu un livre d'histoire avec une recette de gâteau aux pommes, et bien nous avons été à l'épicerie chercher les ingrédients et l'avons cuisiné.

Mon milieu, je l'ai imaginé pendant ma deuxième grossesse, je l'ai peaufiné durant mon congé de maternité, j'y ai cru de toutes mes forces. J'ai mis 8 mois à combler mes trois places, mais mes parents croient en mon milieu, nous avons une bonne relation de confiance et nous oeuvrons pour le bien des enfants. Avec ce projet de loi, c'est l'une de mes trois familles que je dois laisser partir. Comment choisir ?

De plus, j'ai un benjamin et deux aînés. Que se passera-t-il le jour où l'un de mes aînés deviendra grand-frère ou grande soeur ? Je devrai séparer une fratrie par manque de place ? Demander à l'enfant unique de trouver une autre garderie ? Et alors je devais avoir un troisième enfant ? Ma garderie pourrait-elle survivre avec un seul enfant payant ?

Présentement, mon conjoint émet des réserves sur la possibilité d'avoir un troisième enfant, alors que c'était notre idéal familial. Pas par manque de place. Pas par facilité pour voyager, ou peu importe. Parce qu'un troisième enfant, avec le projet de loi 143, ne laisserait de la place qu'a un seul enfant dans ma garderie. Un seul enfant payant couvrirait à peine les factures déductibles d'impôts (hydro, intérêt sur l'hypothèque, nourriture). En plus que mon fils serait a l'école.

Les parents devront-ils aussi avoir un permis pour avoir plus d'enfants ?

Les services de garde auront-ils une baisse de ratio aussi ? Les camps de jour, dont des adolescents sans formations s'occupent de plusieurs jeunes a travers toute la ville, en sortie, au parc, seront-ils pénalisés ?

Est-il normal qu'un enfant de 6 ans soit jugé apte à marcher 1.2 km entre la maison et l'école, sans surveillance, avec les chauffards qui roulent à 60 dans des zones de 30 et brulent les passages piétons, mais qu'ils soient considérés trop jeunes pour ne plus compter dans notre ratio avant 9 ANS ?!

Le gouvernement a-t-il prévu plus de permis de CPE et de places accréditées, pour palier à toutes les places qui seront coupées dans les milieux privés, plus celles des enfants d'éducatrices qui fermeront leur milieu ?

Le gouvernement libéral voit une différence entre les enfants des milieux accrédités et les milieux privés rendus à l'école, selon de récentes études. Donc ma génération, qui n'avons que peu connu les CPE, qui avons été gardés à la maison par les grands-parents, la voisine, l'amie, la tante... sommes-nous plus stupides et mésadaptés aujourd'hui?

C'est aussi très réducteur et dégradant pour les parents qui font le CHOIX de rester à la maison au lieu de les envoyer en garderie. Depuis quand un enfant est-il mieux auprès d'une éducatrice que près de son parent ? Pour s'assurer une éducation de qualité, les parents devront-ils aussi remplir toutes les exigences lorsqu'ils auront plus de 4 enfants de moins de 9 ans ?

Pourquoi vouloir diriger les acquis des enfants et les faire entrer dans un moule, déjà leur donner un souci de performance alors qu'ils ont moins de 5 ans ? Le programme éducatif ne dit-il pas que chaque enfant est unique, que l'enfant apprend par le jeu et que l'apprentissage est un processus global et intégré ?

L'enfant aura bien le temps d'apprendre à compter jusqu'à 20 à l'école, mais attacher son manteau, a dire merci, a être empathique, ça commence tout petit....

 Marie-Ève

 

p.s. Noter que nous nous sommes réservés le droit de corriger les textes entre autres pour préserver l'anonymat des enfants.