Garderies en milieu familial: Un témoignage touchant contre la loi 143

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Les intentions récentes du gouvernement Couillard d'ajouter, via le projet de loi 143, encore plus de réglementation et de contrôle de l'état dans le domaine des garderies en milieu familial ont suscité de nombreuses réactions. Nous tenons à vous partager un témoignage de Mme Johanne Laprise, éducatrice à la petite enfance et propriétaire d'une garderie en milieu familial.

 

Bonjour,

Je suis maman de deux enfants et j’ai une garderie en milieu familial privée. Avant d’être éducatrice, je travaillais dans le domaine des cosmétiques. Il y a 5 ans, j’ai décidé de devenir éducatrice, après avoir eu mon deuxième enfant. Je n’étais pas certaine d’aimer ça au début. Alors, pour ne pas me lancer dans un métier qui n’était peut-être pas le mien et de peur de ne pas être à la hauteur de tout l’amour de ses enfants, j’ai décidé d’aller suivre une formation sur les techniques à l’enfance au cégep. Même si la ville ou le gouvernement ne l’obligent pas!

 

Je me suis rendu compte que j’adorais la psychologie à l’enfance. J’ai demandé mon permis à la ville, respecté tous les changements qu’on m'a demandé de faire dans ma maison pour la sécurité des enfants afin de me délivrer mon permis.

 

Ma garderie est sur deux étages et lors de mes visites, ce qui revient le plus souvent c’est : « Wow! Les enfants ne passent pas toute la journée au sous-sol! » J’ai bâti mon propre programme éducatif qui permet d’apprendre tout en jouant. Nous avons des thèmes chaque mois. J’ai accueilli des familles, dont une famille chinoise. La petite ne parlait pas un mot français et maintenant, 3 ans plus tard, elle a des 100 % oui 100 % en français. Quand elle me voit, car elle va à la même école que ma fille, elle me saute au cou. Et les parents viennent encore me porter de la cuisine chinoise.

 

Présentement, j’ai une petite fille anglophone, je lui montre le français et en même temps les autres amis apprennent des mots anglais. Nous sortons tous les jours et parfois même 2 fois lorsque la température nous le permet. Je fais des sorties éducatives comme; aller à la caserne de pompier, aller aux pommes, à la ferme... J’ai même fait venir des policiers pour vérifier les bancs d’auto des parents. On prend l’autobus pour faire des sorties.

 

Je loue des collections de livres à la bibliothèque pour chaque thème que j’organise. On fait des bricolages, on travaille la motricité, on fait des recettes, des chansons, on danse, on fait des défilés à Halloween ainsi qu'à Noël. J’adapte toutes mes activités à l’âge de l’enfant. Je suis le guide alimentaire canadien. J’ai des cours de salubrité alimentaire, de RCR et d'allergies graves. Je nettoie et désinfecte mon milieu... ma maison. Je fais des menus spéciaux et amusants pour les fêtes.

 

J’ai deux mamans qui attendent une place cet été et à l’automne prochain pour me confier leur 2e enfant afin qu’il puisse évoluer avec leurs frères et sœurs. J’ai une troisième maman enceinte qui espère une place quand un coco partira à l’école en 2019. Si la fameuse loi 143 passe, imaginez-vous tout le mal que cela fera autour ? Pour mes cocos, mes parents, pour ma famille! Adieu la friterie. En 5 ans, je n’ai jamais eu de place libre. J’ai toujours comblé mes places. J’ai des mots de recommandation de tous les parents.

 

J’ai eu un coco pendant 5 ans. Sa grand-mère travaillait dans un grand CPE et ni la mère ni la grand-mère ne voulait l’envoyer là, car ils croyaient en moi et ils voyaient comment il était heureux chez moi. Elles ont toujours eu confiance en moi. C’est ça, un milieu familial où on vit comme une famille! Mes enfants n’ont pas suivi le programme éducatif du gouvernement et ils évoluent avec succès à l’école.

 

J’aime, j’adore mon travail. Je leur inculque de belles valeurs. Je leur donne de l’amour et des câlins et ils me le rendent très bien. Quand je me couche le soir, j’ai le sentiment du devoir accompli. J’ai des horaires flexibles qui permettent aux parents d’apporter leurs enfants à l’heure qui leur convient. Je n’ai rien contre le fait que le gouvernement jette son œil dans ce que nous faisons. Qu’il nous fasse passer des tests pour savoir si nous avons des antécédents criminels, etc. Je n’ai rien à cacher. Par contre, je ne peux pas croire en ce projet de loi draconien qui prend les parents pour des incompétents. C’est comme si on leur disait : « Vous avez fait des enfants, mais vous n’êtes pas aptes à prendre des décisions à propos de leur éducation et nous allons décider à votre place. »

 

S'il vous plaît, nous sommes des milliers de Services de garde privés et de parents qui doivent faire entendre leurs voix. Aidez-nous à nous faire entendre, soyez notre porte-voix!

 

Merci de votre temps,

Johanne Laprise

Vous pouvez consulter l'ensemble de notre politique familiale sur la page Famille de notre programme.